Auteure-compositrice-interprète, Kate Bush preserve son processus créatif de manière toujours aussi étanche

1994. À l’aube de la sortie de son album The Pink Sneakers, la chanteuse Kate Bush recevait Rolling Stone dans un studio du nord de Londres, alors qu’elle peaufinait le movie The Line, the Cross, the Curve, qui allait accompagner le disque. Particulièrement uncommon en entretien, la chanteuse se confiait alors sur sa musique, son rapport à la scène et au public, et très modestement sur sa vie privée, qu’elle conservait déjà sous un épais voile de pudeur. Retour sur une rencontre uncommon.

Management freak notoire, au level de se dresser contre les décisions de son label au second où Madonna jouait encore de la batterie dans son groupe, Kate Bush écrit et produit elle-même ses albums, dispose de son propre label et de ses propres studios, et se handle toute seule. En pleine post-production audio de son movie, la chanteuse preserve une poigne de fer sur le suivi de ses projets. Au level d’en dégouter certains.

« Il n’y a pas assez d’heures dans une journée, admet Kate Bush. Je ne fais pas tout moi-même. Je travaille avec des personnes formidables. Mais depuis tout ce temps je m’en sors très bien sans supervisor, du coup je ne suis pas sûre qu’il ou elle me servirait à grand selected. J’ai la sensation qu’au moins, c’est moi qui prends les décisions, et ça m’évite d’être mise dans une state of affairs inconfortable. »

Une des raisons, inavouées, pour lesquelles Kate Bush donne si peu d’interviews, c’est cette réticence toute anglaise à s’étendre publiquement sur sa vie privée. Ferme mais élégante, elle évoque avec enthousiasme ses intentions artistiques. Essayez de la faire parler de ses émotions, et son visage se fermera de suite. Rideau. Fin de l’histoire.

« Mes albums sont comme des journaux intimes, explique-t-elle. Je traverse différentes phases, techniquement et émotionnellement, et ces phases reflètent mon état d’esprit à un second donné. Cet album (The Pink Sneakers, ndlr), ça a été un vrai tournant pour moi. J’ai ressenti une énergie très différente dès le début de l’enregistrement. Ça peut sembler un peu fool, mais je crois vraiment que les gens présents en studio recrachent une énergie très personnelle sur les bandes, un truc qui colle avec ce qu’ils ressentent profondément. C’est un vrai cheminement émotionnel. Et quand vous parvenez à être aussi proche avec les gens avec qui vous travaillez, il y a cette étrange communication, tacite, qui s’installe entre vous. »

Hormis Kate Bush elle-même, l’autre personne importante de cet album, c’est Del Palmer, bassiste et ingénieur du son, compagnon au studio comme à la vie depuis le tout début. Mais malgré son dévouement, des rumeurs persistantes évoquent la fin de leur relation amoureuse…

« Nous avons une excellente relation de travail, répond-elle, et j’aime à penser que ce disque évoque cette relation. Mais j’évite de m’étendre sur le sujet, vraiment. C’est trop personnel. » Rideau.

Selected inédite sur The Pink Sneakers, l’album contient des invités plus que prestigieux : Eric Clapton sur le bluesy « And So Is Love » ; Jeff Beck sur la majestueuse ballade « You’re the One » ; et Prince, présent à la guitare, aux claviers, aux chœurs, responsable d’un association très « princier » sur le titre « Why Ought to I Love You? ».

« C’était plus une sorte de blague au départ, un jeu qui a fini par se concrétiser, raconte la chanteuse au sujet de ces visitors. C’est le style d’artistes avec qui je rêvais de collaborer sur cet album, et j’ai fini par trouver le braveness de les appeler pour les faire venir. Je n’ai pas l’impression d’avoir utilisé leurs noms. Ça me déplairait fortement de constater qu’ils ne sont pas suffisamment mis à contribution. Mais je suis honoré que ces grands noms aient répondu présent. »

Une vraie shock (en particulier pour Beck, réputé pour ne jouer qu’une fois payé), bien éloignée de toute fausse modestie. Par le passé, elle n’avait collaboré qu’avec une poignée de proches, notamment Peter Gabriel sur « Video games With out Frontiers » et l’émouvant « Don’t Give Up ». Hormis cette incartade, Kate Bush n’a pas particulièrement cherché à se faire des copains dans le milieu – une constante depuis le succès de son premier single, « Wuthering Heights », classé au high britannique pendant quatre semaines en 1978.

Sous plusieurs facets, Kate Bush est considérée comme une privilégiée du milieu (pour ne pas dire protégée), préservée très jeune des tumultes de la scène rock. La chanteuse était encore à l’école quand Ricky Hopper, proche de la famille supervisor en devenir, finança une première démo, qu’il match écouter à un sure David Gilmour. C’est grâce à ce dernier (qui ne fut jamais payé pour ses providers – selected qu’il ne demanda jamais) que Kate Bush signa chez EMI Data en 1974, à 16 ans seulement.

Financièrement à l’aise, mais totalement dépendante, elle passa les trois années suivantes à peaufiner son expertise, écrivant et composant à son propre rythme. Des habitudes qui ont fini par peser sur le succès industrial de la jeune chanteuse, le laps de temps entre chaque album s’étendant de plus en plus au fil de sa carrière. « Wuthering Heights » reste, encore aujourd’hui, son plus gros succès à ce jour. Aux États-Unis, seul l’album Hounds of Love (1985) se hissa péniblement au High 40 – cela étant, The Pink Sneakers est en prepare de devenir la coqueluche des radios.

Kate Bush n’est partie qu’une seule fois en tournée ; une tournée qui donna le tournis à ceux ayant la likelihood d’y assister, maelstrom de chant, de danse et de costumes tous plus fous les uns que les autres, organisé sur 28 dates à travers toute l’Europe en 1979. Un present d’avant-garde, qui donna à son ingénieur du son l’idée de la faire chanter dans un micro-casque, un prototype fabriqué de toutes pièces, utilisé lors des premiers concert events de la tournée.

« Ça m’a bien plu, répond-elle au sujet de cette période, mais j’étais physiquement éreinté. Au last, l’idée de rejouer sur scène m’a rendue très anxieuse, ça faisait tellement longtemps – je crois que c’est là que j’ai commencé à perdre confiance en moi en tant qu’artiste de scène. J’ai senti que je devenais une artiste très isolée, je ne travaillais qu’avec un nombre très restreint de personnes. »

« Plus je m’apprêtais à sortir quelque selected, plus je m’éloignais de ce que j’étais vraiment, explique-t-elle, quelqu’un qui s’assoit tranquillement au piano et chante. C’était très necessary pour moi de ne pas perdre ça de vue. Je voulais absolument garder les pieds sur terre. »

Avait-elle peur de passer à côté de quelque selected, à pressure de s’isoler de plus en plus comme elle le dit elle-même ?

« Il n’y a rien de plus solitaire que d’être en tournée, déplore-t-elle. Je ne sais pas remark font ces artistes qui jouent pendant des années. Il y’en a qui ne peuvent même plus s’arrêter, parce qu’ils ne savent plus remark revenir à la normale. Tout devient irréel. »

La method façon Bush : se passer du superflu. Elle ne lit que très peu les infos, écoute rarement la radio, type très peu et n’achète des disques que très rarement. Elle connaît à peine Tori Amos, chanteuse réputée pour lui ressembler énormément – « J’ai écouté un titre et j’ai trouvé ça, euh… sympa » -, et ses influences revendiquées proviennent majoritairement du cercle familial, de la musique traditionnelle anglaise et irlandaise que jouait son père, pianiste, et chantaient sa mère et ses frères (plus âgés) quand elle était petite.

« Dès le plus jeune âge, raconte-t-elle, je me souviens que j’entendais les plus jolies chansons se dessiner à mes oreilles. »

La récente disparition de sa mère, dont elle était très proche, est l’une des raisons qui explique la très longue manufacturing de The Pink Sneakers, qui arrive après The Sensual World (1989). D’après des sources proches, il a fallu un an à Kate Bush pour se remettre dans un état d’esprit propice au travail. Mais malgré cette longue (mais nécessaire) pause, elle a pu jouir de la fidélité  inébranlable de son entourage proche.

Elle insiste : ses followers représentent tout pour elle. « C’est extrêmement touchant de se dire qu’il y a plein de personnes que je ne connais pas qui me soutiennent dans ma démarche, décrit-elle. Je ne fais pas de live performance, je ne leur donne que trop peu. Évidemment j’essaye de faire la meilleure musique attainable, mais quand vous confectionnez un album pendant deux ans, vous vous posez des questions : ‘Est-ce que je vais m’en sortir ? Est-ce que ça va sonner comme je veux ?’ Puis vous recevez des lettres de followers pleines d’encouragement. Ça donne des ailes. Et je crois sincèrement que tant que je resterai honnête dans ce que je fais, ils seront avec moi. »

David Sinclair
Traduit de l’anglais par Matthias Haghcheno
Article initialement publié dans le Rolling Stone US du 24 février 1994



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