CHANSON. Il n’avait rien enregistré de nouveau depuis une petite décennie, mais l’auteur de « Visions of Johanna » écrivait toujours pour autant. Là il met à revenue la pandémie, notre Robert Zimmerman de bientôt 79 printemps pour faire cadeau d’un « Homicide Most Fools » de derrière ses fagots.

On dirait bien que pour un tas de gens, vous et moi, aussi bien que des artistes importants, le temps est venu d’innover ou de changer, de renouer et de faire des choses dont on avait envie depuis des années. Toutes proportions gardées, pas obligés de pondre l’album, le tableau, ou le greatest vendor du confinement, là, tout de suite,maintenant ! Mais déjà de se laisser surprendre, inspirer et distraire agréablement par ce que font le mieux les stars de nos vies. De l’inédit.

Tout ça pour dire que celui qui le premier a fait swinguer ma vie d’ado dans les sixties, c’est Bob Dylan dont tous nous étions toqués de la folks militante et planante. En le revoyant il y a une vingtaine d’années au Bourget, avec mes enfants, pour le Competition de l’Huma, je l’avais trouvé passablement enroué et son live performance a été sauvé par la foule qui chantait tous ses tubes plus fort et plus juste que lui.

Depuis, les rencontres avec son public se sont espacées (même s’il devait partir bat’ carré en tournée au Japon, en mai) ce qui ne l’empêchait pas d’écrire, ni de composer. Témoin ce « Homicide most fools » qu’il gardait dans ses cartons et qu’il steadiness aujourd’hui comme un pavé dans la mare des « relégués» comme dirait le Pirate, Oté !

Une shock livrée samedi et qui reste d’actualité pour ranimer la flamme des inconditionnels de ce baladin des grands chemins. Un morceau de choix et comme d’hab, assez longuet, 17 minutes chrono, comme il n’en avait pas commis depuis huit ans, avec une litanie de mots sur un même phrasé, pour laisser le temps de se ré-habituer à sa manière et à sa voix qui a juste pris du grave, mais reste sombre et basse comme avant, Dylan. Avec ici une orchestration « free » tout en délicatesse autour d’un piano, d’un violon et d’un soupçon de percussion.

 

 

Un puzzle de mémoire

 

Et pour parler de quoi, ce « Homicide most fools » ? De Kennedy c’est sûr, puisqu’il est en picture en devanture de la chanson proposée en ligne, le JFK à la mort indigne “mené à l’abattoir tel un agneau sacrificiel» comme il dit, le chanteur rebelle. Le level de départ d’une lente récap de références et d’amours qui ont jalonné son parcours, les Beatles, Woodstock, Altamont, les Who, John Lee Hooker, Charlie Parker, Thelonious Monk, Nat King Cole, Wolfman Jack, Guitar Slim (Jones), Bud Powell, Stan Getz, Marilyn Monroe, Don Henley, Jelly Roll Morton, Carl Wilson (des Seashore Boys), Buster Keaton, Stevie Nicks, Houdini i tutti quanti…

Un sacré bottin d’humains où se croisent, dans un géant jeu de mots malin, les phares d’une époque qui dure, la sienne et qui se trouve en première ligne de la maladie aujourd’hui. Moi, en tout cas (désolée de la ramener encore une fois mais je me sens concernée) après ça, je n’ai eu qu’une envie, celle de réécouter « le » titre qui m’a chavirée à vie « Unhappy-Eyed Woman of the Lowlands ». Une tuerie que je recommande aux générations pour qui ce Bob-là n’a jamais existé. La chanson faisait déjà 11 minutes 20 et à mon avis ça les valait bien.

 

Marine Dusigne

*A écouter notamment sur Youtube



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