Elle vient d’Angleterre, et sa voix est un doux mélange de soul et de spleen.

Extrait « Eugene »

Londres, capitale de la soul moderne. Mais la soul, qu’est-ce-que c’est ? Par ces temps d’interrogation profonde où il y a fort à parier qu’on remette bientôt tout à plat, la soul music, c’est littéralement la musique de l’âme, par extension, musique des âmes blessées, née dans les églises baptistes du sud esclavagiste des Etats Unis, née du gospel, God Spell en anglais, parole de Dieu, sauf que le mot spell a plusieurs sens : épeler, on décortique donc, mais aussi : relayer, on relaye l’évangile en chantant.. 

Et enfin spell, c’est aussi le charme, le sortilège, le fameux « I put a spell on you » de Screamin’ Jay Hawkins (je t’ai jeté un kind) et là on arrive à la définition de la soul selon notre artiste du jour Arlo Parks, qui nous envoie un kind et nous charme par la grâce de sa voix. 

Kafka disait, si le livre que nous lisons ne nous réveille pas d’un coup de poing sur le crâne, à quoi bon le lire ?

De même, si une chanteuse, ou chanteur, ne nous enchante pas, ne nous envoûte pas, ne nous remue pas les tripes, ne provoque pas sur nos corps des transformations physiques telles que sudation, érection capillaire, chair de poule ou transpiration de la moustache, à quoi bon l’écouter ?

Extrait de « Second Guessing »

Retenez ce nom, Arlo. A.R.L.O, je l’épelle, je le spell, le godspell. Cette jeune Londonienne de 19 ans nous fait tourner la tête avec une tranquille assurance. Elle s’encourage des grandes voix de la soul, Aretha Franklin, Al Inexperienced, mais aussi du chant dépouillé et détaché de l’avant-gardiste anglaise FKA Twiggs, et pour les preparations, des rythmiques lancinantes des musiciens de Bristol, Large Assault ou Morcheeba.

Extrait de « Tremendous Unhappy Technology »

Et là, vous me demandez, c’est quoi la spécificité de la soul anglaise? C’est qu’elle est plus roots, plus racine, parce qu’elle incorpore des éléments d’Afrique, through les anciennes colonies de l’Empire Britannique, moins la véhémence religieuse.

Arlo Parks grandit à Londres, d’un papa nigérien et d’une mère franco tchadienne qui lui apprend le français avant l’anglais.

Brel, Aznavour, Piaf, les Yorubas et le Bristol sound, ça vous fait une bonne colonne vertébrale, et voilà Arlo propulsée porte-parole en chef d’une « Tremendous Unhappy géneration », avec le paradoxe du blues : La tristesse, quand elle est chantée avec du feeling, nous guérit de la tristesse. 

C’est la grâce d’Arlo Parks. Elle devait chanter au Printemps de Bourges, retrouvons là  sur nos plateformes avant de l’écouter pour de vrai, très vite j’espère…

Extrait de « George »



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