Avant que la Chine ne se dote en 2016 d’une loi contre les violences domestiques, des manifestantes brandissaient des pancartes à Pékin en 2012 : « La violence conjugale n’est pas l’amour », « Vas-tu garder le silence si tu es témoin de violences conjugales ? » et « Il n’y a pas de zone de non-droit pour la violence conjugale ».

Le 13 août 2019, M. Dou empoigne sa femme et la jette à terre. Il la frappe et lui arrache son téléphone des mains pour l’empêcher d’appeler la police. Alors qu’elle se jette vers la porte, il la rattrape, la pousse à nouveau, et ferme à clé leur petite boutique de vêtements. Il l’empoigne alors par les cheveux et la traîne à travers le magasin, avant de lui assener encore quelques coups. Puis il l’entraîne vers le deuxième étage pour continuer sa besogne à l’abri des regards.

La dernière picture est captée par la vidéosurveillance à l’extérieur du magasin : on y voit le corps de Mme Liu qui s’écrase au sol. Pour tenter d’échapper à son bourreau, elle a fini par sauter du premier étage. Une chute qui lui inflige neuf fractures. Un an plus tard, Mme Liu n’a pas retrouvé l’utilization de ses jambes, mais elle a enfin obtenu le divorce.

Le 15 juillet pourtant, le tribunal de Zhecheng, sa ville d’origine, dans la province centrale du Henan, avait refusé sa demande. « D’après la loi sur le mariage, dans les affaires de divorces, la cour doit d’abord procéder à une conciliation », s’était justifiée l’occasion dans un communiqué publié le 24 juillet, face à l’ampleur des réactions que suscitait l’affaire.

Imaginative and prescient traditionnelle

Le cas de Mme Liu a été commenté 120 000 fois sur le réseau social Weibo et vu des centaines de hundreds of thousands de fois, avant d’être rapporté par les médias, y compris au niveau nationwide. Cette mobilisation a fini par interpeller les autorités : le 21 juillet, M. Dou a été placé en détention provisoire. Et le 29 juillet, le divorce a finalement été accordé et Mme Liu a obtenu la garde de son fils.

La première décision de la cour d’imposer une conciliation n’a rien d’exceptionnel en Chine, où la justice privilégie une imaginative and prescient traditionnelle de « la paix des ménages » aux dépens des victimes. En 2016, la Cour suprême chinoise a précisé aux tribunaux remark juger les affaires familiales : « La résolution des disputes familiales ne concerne pas seulement le bien-être des individus et des familles, mais aussi l’harmonie sociale, la stabilité et le progrès de la civilisation. »

Un argumentaire repris dans un cas similaire en 2019 par un juge à Chengdu, dans l’ouest du pays, qui avait également estimé qu’il fallait « donner sa probability au mari ». Depuis, les autorités ont même amendé la loi sur les divorces pour aller dans ce sens : dans le nouveau code civil, adopté en mai 2020, une clause impose une « période de réflexion » de trente jours pour les {couples} souhaitant divorcer, même s’ils sont d’accord. Un impediment de plus pour les femmes victimes de relations abusives.

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